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Un voyage ULM de 2300 km qui se décide comme ça, sur l’invitation d’un copain à l’occasion de son anniversaire.

 

Mon ami Henning  m’avait dit l’année dernière, « si tu veux je t’invite à mes soixante ans », ce sera sur la base où je vole à Brugebrach  prés de Bamberg au Nord Est de Nuremberg et je lui avais répondu comme ça, un peu rapidement : pas de problème j’y serai.

J’avoue que je n’avais pas vraiment murit la question mais au fil des jours je me suis dit que ce serait un beau voyage, la date étant favorable au beau temps j’ai finit par me convaincre et marquer la date sur le calendrier, 08 juin 2013.

Finalement le jour J  arrivant  je me suis préparé, j’ai fais mes routes sur Navigation et pris tous les contacts avec les bases ou je devais faire une halte pipi ou carburant.

 

Le 06 juin la machine est prête, la météo est bonne pour les trois jours à venir sauf que j’aurais le vent dans le nez sur tout le parcours et probablement aussi sur le retour. Je décolle le matin à 8 heures, il fait beau mais le vent est déjà au rendez-vous,  je n’avance qu’à 80 km/h, dommage……. Je me pose pour ma première halte à Chanay sur Nathan il est dix heures et je suis étonné de voir autant de monde sur le terrain, on m’explique que tous les jeudis tout le monde se retrouve pour les travaux d’entretien. Deux gars vont chercher à manger pour le midi et me propose de rester avec eux, ce que je décline  car il me reste encore deux heures de vols.  L’ambiance à l’air sympa sur ce terrain, (une base à retenir…) Pendant l’élaboration de mon circuit j’ai reçu des réponses négatives pour me poser sur certain terrain, ce que j’admets forcement bien, mais quelques fois le ton est un peu limite, enfin, comme disait un ami, nous ne somme pas tous câblés de la même façon. 10 H 15 décollage pour Beaulieu/Loire, je vais remonter un peu pour éviter la CTR de Tours et surtout la grande forêt de Sologne « je n’aime pas les forêts… ». Arrivé à Beaulieu je retrouve Alain et Claudette chez qui je me pose régulièrement pendant mes balades, c’est pratique ils ont leur base en plein milieu de la France. L’accueil est toujours aussi chaleureux, je monte ma tente de camping en deux secondes comme tout le monde et je m’installe. Ensuite je fais le plein carburant et relaxe le reste de l’après midi. Le soir je me fais à manger et je ne traîne pas,  les bords de Loire c’est magnifique, mais, car il y a toujours un « mais » le soir les mosquitos sont de sortis et ça pique, alors dodo de bonne heure.


Le 07 juin à l’aube (6h30), rituel du petit déjeuner et du rangement. Pour la toilette ce sera un autre jour, il n’y a pas d’eau sur le terrain, un coup de dentifrice sur les dents avec de l’eau en bouteille. Décollage  7 h 45 toujours le vent dans le nez mais un soleil magnifique, c’est ma plus longue étape 420 km. Le prochain terrain c’est Chaumont, j’ai eu un monsieur au telephone qui m’a dit qu’il passait dans la matinée mais je ne vois personne. Petit gâteau, une gorgée d’eau pour ne pas trop charger la vessie et un petit coup de téléphone à mes amis d’Alsace. Daniel, le président du club de Kogenheim me dit : tu ne peux pas atterrir, le terrain est gorgé d’eau, tu ne pourras pas redécoller, alors appelle François pour te poser à Albé. Ce que je fais aussitôt et François me demande à quelle heure j’arrive ; je lui répond midi, il me dit alors c’est la plus mauvaise heure, le terrain est comme une alti- surface, il n’y a qu’un sens de posé celui de la montée( pente de 8° ) et puis comme c’est dans une cuvette ça turbule à mort ,pas très rassurant tous cela….. En fait, une fois avoir traversé les Vosges et passer voir le château du Haut koenigsbourg  je me présente à Albé avec un peu d’appréhension mais la surprise est totale ca ne turbule pratiquement pas et la piste est superbe, même pas besoin de freiner, c’est la pente qui vous arrête, super…. Mes deux copains arrivent cinq minutes après et c’est l’accolade, nous sommes content de nous revoir, nous avions fait la Corse et la Sardaigne ensemble sur le rallye de M. Leroy de Bretagne Aeroptere.  Sur cette étape à l’aller comme au retour l’accueil est vraiment très très fort et très sincère, je ne pense pas avoir eu un accueil aussi  sympathique nulle part ailleurs, j’espère être à la hauteur le jour ou ils viendront en Bretagne.

Le 08 juin je décolle d’Albé à 8 heure, il n’aurait pas été raisonnable de décoller plus tôt car j’aurais  déranger  les voisins. J’ai dormi chez Daniel et il m’a amené au terrain, François est déjà au hangar, la machine est prête, je dis au revoir et je décolle sur cette magnifique  piste en pente. Maintenant les choses sérieuses commencent, je vais passer la plaine du Rhin et attaqué la forêt noire allemande, ma prochaine étape est Groberlach-Morbach  le siège de la DULV  l’équivalent de la FFPLUM française, j’ai demandé à mon ami Henning de les prévenir de mon passage et de leur signaler que je ne parle ni l’allemand ni l’anglais. Hé oui…. je ne parle que le gaulois et je vais en Allemagne, cela ne va pas être facile et en plus mon téléphone ne passe pas en Allemagne, le bouquet…... Le temps est superbe, je passe à la verticale de plusieurs terrains remplis de planeurs, mais il est encore un peu tôt pour les croiser, il n’y a pas d’ascendances à cette heure. Je me pose donc sur le terrain  de la DULV, la piste est très belle, un homme vient à ma rencontre, me salue avec le sourire, c’est bon signe ; sorry no speak Deutsch , my friend  have  phone to you.  Il me repond  « yes ». C’est bon, le premier contact est établit mais ce sera tout, mon anglais n’est pas meilleur que mon allemand et je redécollerai cinq minutes après une gorgée d’eau et un biscuit.  Maintenant dernière étape, toujours beau temps toujours vent dans le nez. Midi j’arrive à destination, je m’annonce en français et c’est Henning qui répond, cela va être facile, il est prof de gym et aussi prof de français, il me propose la 08, la piste n’est pas très longue mais elle suffira amplement. En Allemagne au milieu des terrains un panneau  ou est écrit ½ signale le milieu de la piste, pourquoi pas… Autres obligations : une voiture en permanence au bord de la piste équipée d’extincteurs, brancard, pinces, hache, trousse de secours etc.. Une radio pour tous les trafics de piste et un carnet ou sont inscrit tous les mouvements d’ULM. Ce qui fait aussi la différence avec les bases françaises c’est l’opulence, la propreté et l’ordre. Maintenant je suis peut être tombé sur une base  avec beaucoup de moyen ?.....

 

Groupe électrogène automatique, portail roulant électrique, alarme, capteur solaire, éolienne, sol blanc, tout est rangé au cordeau, marquage au sol et j’en passe….

 

Je suis donc arrivé à destination sans encombre je vais pouvoir profiter du soleil et de la fête. Là aussi je suis très très bien accueilli, le seul handicap sera bien sur la langue même après quelques bières.

 

Mon ami Henning sa femme et ses filles parlent le français peut être mieux que moi. Henning me fera visiter en vélo Bamberg, ville fortifié du 16eme avec de magnifiques monuments et le lendemain sous la pluie nous visiterons toujours en vélo le cœur médiéval de la ville de Nuremberg. Il me ramènera le lundi soir au terrain pour que je puisse partir très tôt mardi matin, il a regardé la météo et il m’affirme qu’il fera beau le lendemain avec quelques nappes de brouillard. Je m’installe donc dans un petit cabanon, pas besoin de monter la tente et ….plus à l’aise…  Je regarde le coucher de soleil.

 

 

 

11juin,  ca y est la fête est fini, il faut repartir. Le temps n’est pas terrible ce matin mais cela va surement se dégager .Je range mes affaires, la toilette encore une fois sera pour demain. Il est 7 heure30, la machine est prête, un dernier coup d’œil pour voir si je n’ai rien oublié et je décolle. Le plafond est bas, à peine 900 ft mais ca ira. Au bout de 20 minutes la pluie arrive la visibilité  descend je décide de me poser et trouve une ancienne voie militaire bétonnée en pleine campagne, ca fera mon affaire….

J’attends une demi heure et je vois le ciel un peu plus clair à l’Ouest,  je décide de repartir mais cela ne dure pas longtemps, alors je  rejoins un terrain que je sais très proche et que je n’ai pas pu atteindre le premier coup il me manquait  4km, je le rejoins sans problème et décide d’attendre que cela se lève. Sur le terrain  il y a un atelier de maintenance  avec du personnel qui pointe son nez à la porte pour voir qui est le « martien » qui vient de se poser. Le patron vient très gentiment me proposer un coffee que je refuse en tentant de lui expliquer que ce n’est pas bon pour la vessie et les heures de vol. Il reviendra un peu plus tard me proposer une ligne internet pour la météo, ce que j’accepte bien volontiers. Je vois sur l’animation satellite que je suis en plein dans une grosse masse nuageuse que j’aurais du traverser rapidement mais en fait elle me suit. Mon copain Henning n’a pas dû regarder le sens de déplacement de cette masse nuageuse. J’ai attendu une heure et le ciel s’est éclairci alors je repars.  Une cinquantaine de kilomètres plus loin, encore un mur et là, le posé est un peu  « rock and roll » sur une petite route piétonne, en fait il faut que j’attende un peu plus.

 

Apres une autre heure d’attente je repars et cette fois ci se sera définitif. Une pose sur le terrain de la DULV, cette fois le patron vient à ma rencontre et me propose un café que j’accepte car il est midi et je n’ai pas grand-chose dans le ventre, Dans une petite cuisine à côté  une jeune femme fait cuire des boulettes de viande, hum !!! je demande à passer un coup de telephone pour prévenir mes amis alsaciens de mon retard et ensuite je repars, le reste du parcours jusqu’à Kogenheim se fera sans encombres et la piste s’est asséchée depuis quatre jours. Je passe la nuit et dine chez François, les alsaciens ont vraiment le sens de l’hospitalité.

 

Le 12 juin départ d’alsace retour à Beaulieu sur Loire chez les Feuillettes, temps mitigé et froid, sans problèmes pour la journée, mais demain cela s’annonce mal, voir très mal…. C’est bien,  j’ai récupéré la ligne téléphonique, je peux consulter la météo et rassurer mon épouse. Le soir je m’installe dans le bungalow qui sert de bureau à Alain , c’est plus confortable et je vais faire des achats en ville pour le lendemain, il faudra bien se restaurer.

 

Le 13 juin  Beaulieu sur Loire, il a commencé à pleuvoir à 11 heures jusqu’à 18heures sans discontinué, j’ai donné un coup de main à Alain pour monter une bibliothèque IKéa et nous sommes allés manger le midi chez lui. L’après midi je me suis endormi sur le bouquin que je ne manque jamais d’emmener sur les longs voyages.

Le 14 juin au matin je décolle de Beau lieu je n’avais pas fait 50 bornes que le brouillard me colle encore  à la peau je n’avais pas envie de reprendre l’épisode de l’Allemagne alors en regardant au plafond je voyais le ciel bleu, j’ai alors décidé de passer sur la couche, sachant qu’à suivre c’était du beau temps. Je suis quand même resté une bonne heure au dessus. Je crois que c’est la première fois que je prend ce risque, c’est très beau mais aussi longtemps c’est de l’inconscience, enfin…. Je retrouve le soleil avant Tours et me fait un petit radada sur le reste de la route avec pour la première fois une composante favorable de vent, c’est génial.  Je suis passé  de 80/90km/h hier à 110/120 km/h  aujourd’hui. A la dernière escale il n’y a personne sur le terrain, je ne traine pas et rentre sur St Nazaire, je commence à en avoir plein les bottes de l’ULM.

Midi  arrivé sur ma base, que la piste me semble longue par rapport à ce que je viens d’utiliser pendant la semaine, vous pensez… 2750m….., si vous vous posez au seuil  de piste 08 il vous faut 10 mn pour aller à la bretelle. Je rentre la machine, décharge mes affaires et rentre à la maison.

 Je suis très heureux d’avoir fait ce voyage seul, c’est toujours un petit défi envers soi,  même si à 60 ans nous n’avons plus rien à nous prouver…. et comme dit un copain la retraite c’est notre dernière vie alors c’est maintenant et pas dans dix ans !!!!!

Serge et Quetzal

 

2300 km

26 heures de vol

 

270  L d’essence